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Joëlle Kuntz, Adieu à Terminus
On parle frontière sans le savoir.
On trace tout au long des phrases la limite entre ce que l'on veut dire et ce que l'on ne dit pas, entre ce qui est et ce qui n'est pas,
ce qu'on voit et ce qui est caché. Le langage, décrivant, décryptant, déchiffrant
ce qui est sensible à l'œil ou à l'intelligence, donne une forme définie aux choses qui sans lui seraient chaotiques.
Une chaise n'est pas une casserole. On a nommé plaine ce qui n'est pas la montagne car il fallait une explication à
la direction des eaux. Sans les cartes avec leurs lignes, leurs bornes, leurs chiffres, leur mille autres repères,
l'espace serait incompréhensible.
Joëlle Kuntz, Adieu à Terminus
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